Des loups dans la Cité. Éléments d’écologie pragmatiste, Composition du jury : Directeurs de la thèse (en cotutelle) : Bruno Latour et Marc Mormont. Président : Pierre Muller. Rapporteurs : Dominique Pestre, Marcelle Stroobants. Autres membres : Vinciane Despret, Isabelle Mauz, 2011.

Les politiques contemporaines sont marquées par des bouleversements écologiques qui interrogent la
place à accorder à une liste toujours plus longue et hétérogène de prétendants à la vie publique. Cette
thèse propose un examen empirique d’une telle dynamique à partir du cas de la mise en politique des
loups en France. En traçant les multiples manières dont les loups interpellent ceux et ce qui les
entourent, en décrivant les agencements hybrides d’humains et de non-humains qu’ils forment et
transforment sur leur passage et en prêtant attention aux différentes manières dont les acteurs affectés
prennent en charge les situations générées par ces animaux, il s’agit d’identifier et de suivre, pas à pas,
des portions importantes de quelques-unes des trajectoires qui composent la carrière politique des
loups. Cette recherche montre alors comment des scientifiques, des juristes, des publics, des
représentants de l’État, des journalistes, etc., mais aussi les loups eux-mêmes, composent ces
trajectoires spécifiques marquées par des pratiques, des temporalités, des spatialités, des matérialités
particulières. L’analyse révèle comment la présence publique des loups est instaurée par la science, le
droit, l’État, etc. Elle rend compte également réciproquement de la manière dont la science, le droit,
l’État, etc., s’inventent et se transforment à travers les loups. Cette thèse propose finalement un compte
rendu synthétique et réaliste des modalités de construction d’une politique des loups et vise à éclairer
deux questions plus générales : dans quel sens peut-on parler des implications politiques de la nature et
en quoi cela nous invite-t-il à changer nos habitudes de description et d’aménagement de la vie
ensemble ?

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