Les économies politiques de l’agriculture biologique. Production et commercialisation de la viande bovine biologique en France, Composition du jury : Directrice de la thèse : Sophie Dubuisson-Quellier. Président : Denis Segrestin. Rapporteurs : François Vatin, Florence Weber. Autres membres : Michel Anteby, Pierre-Benoît Joly, 2012.

D'apparition récente et de dimension restreinte dans la société française, l'agriculture biologique présente néanmoins une grande diversité. Cela s'explique par le fait qu'au-delà d'un ensemble de pratiques agricoles, elle est également un mouvement idéologique. Pour cette raison, la production et la commercialisation des produits qui en sont issus constituent un enjeu scientifique pour la sociologie économique : comment le projet idéologique de l'agriculture biologique est-il traité le long des opérations de marchandisation ?

Notre analyse se fonde sur une enquête menée dans l'Ouest et le Sud-Ouest auprès des acteurs de ce secteur : éleveurs, groupements de producteurs, entreprises de transformation, distributeurs, organisations professionnelles et syndicales. Le corpus a été constitué à partir d'entretiens semi-directifs et du recueil de différents documents. Nous étudions la circulation de la viande biologique non seulement à partir du critère de la définition du produit, mais aussi de la forme de l'échange économique et plus largement des rôles sociaux des acteurs concernés par sa circulation : en nous appuyant sur les notions de circuits de commerce (V. Zelizer) et d'économie morale (E. P. Thompson), nous considérons que la combinaison de ces trois critères forme différents modèles d'organisation économique – modèles que nous qualifions d'économies politiques. Nous identifions ainsi une économie politique de la standardisation, fondée sur la concentration des volumes de production et leur tri en fonction de débouchés diversifiés, et une économie politique du producteur, qui se caractérise par le rôle central que les éleveurs entendent jouer dans ce cadre.

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