« La rationalisation en douceur ». Sociologie des indicateurs de qualité à l’hôpital, Directeur de la thèse : Christine Musselin, 2014.

Ces dernières décennies, le secteur hospitalier français a fait l’objet de nombreuses réformes, dans l’ambition affichée de rationaliser son fonctionnement. Depuis quelques années, le déploiement de nouveaux instruments de tarification (T2A) fait l’objet de toutes les attentions, et de toutes les critiques. Pourtant, dans l’ombre de ces réformes à forte visibilité, se joue depuis la fin des années 1990 un autre mouvement, plus discret, autour du déploiement d’instruments d’évaluation de la qualité des soins. La thèse prend pour objet cette forme d’action publique originale, saisie à travers les « indicateurs de qualité » déployés par l’État depuis le milieu des années 2000. Instrumentés par une expertise singulière, légitimés par une nébuleuse d’acteurs intermédiaires, ces indicateurs reposent également sur de nouveaux acteurs et de nouvelles entités au sein des hôpitaux. Il s'agit de saisir comment ces instruments instillent, à bas bruit et sans faire de vague, la mesure chiffrée et ses usages à l’intérieur des hôpitaux.

La thèse mobilise une approche de sociologie de l’action publique qui accorde une attention particulière au caractère instrumental, cognitif et organisé du déploiement de ces indicateurs. La méthodologie consiste essentiellement en une enquête qualitative approfondie (enquête sur la genèse des indicateurs à l’échelle institutionnelle, enquête sur leurs usages à l’intérieur de quatre établissements contrastés).

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