Gouverner les universités et les organismes de recherche
Recherches > Enseignement supérieur et recherche >Chantier historique du programme "Enseignement supérieur et recherche", l’analyse du gouvernement des institutions de recherche et d’enseignement supérieur a connu un approfondissement et un enrichissement constant des objets investis.
* Gouvernement, modernisation et réformes des universités
* Gouvernement des institutions de recherche
* Gouvernement, modernisation et réformes des universités
Il s’agit d’identifier et d’analyser les caractéristiques organisationnelles des universités, de s’interroger et de suivre les formes que prend la modernisation engagée au sein de ces institutions et de mesurer les effets des réformes en cours.
Les différentes recherches menées sur ces questions donnent lieu à la production de connaissances empiriques sur le gouvernement des établissements, qui sont ensuite mobilisées pour développer des réflexions plus théoriques sur les organisations universitaires et leurs spécificités.
===) Le gouvernement des universités
Les travaux entrepris portent en particulier sur les modes de gouvernement et de pilotage des universités :
Comment y sont prises des décisions ? Comment sont définies les orientations stratégiques ? Comment sont allouées les ressources en interne ?
Comme l’a montré la thèse de Stéphanie Mignot-Gérard (1998-2006), effectuée sous la direction de Christine Musselin, il importe, pour répondre à ses questions, de ne pas se focaliser sur la seule figure du président d’université, mais de le replacer dans le réseau de relations entretenues avec l’ensemble des acteurs (directeurs d’UFR, responsables administratifs, conseils statutaires) participant à la production des décisions collectives de l’établissement.
L’analyse montre que ces derniers doivent être considérés comme des "associés rivaux" : gouverner avec chacun passe par la construction d’alliances coûteuses pour le président. Cette approche collective du gouvernement révèle l’existence d’un système d’échanges multiplexes entre le président et ses partenaires, l’incompatibilité réciproque des différents échanges et le caractère exclusif des alliances ainsi construites. Ces éléments d’analyse permettent ainsi d’avancer l’hypothèse d’une certaine stabilité des construits relationnels formant le "style de gouvernement" de chaque université.
- Accédez au résumé de thèse (MIGNOT-GERARD S. Echanger et argumenter. Les dimensions politiques du gouvernement des universités françaises, 2006)
===) La modernisation des universités vue à travers les nouvelles technologies
Si les travaux accumulés sur ces questions depuis le milieu des années 1980 permettent de comparer les évolutions qu’ont connues le gouvernement des universités et l’exercice du leadership, les transformations en cours ne concernent pas seulement l’exercice du pouvoir et la manière dont sont gérés les établissements. Les organisations universitaires font en effet aujourd’hui l’objet d’importants processus de modernisation.
La recherche doctorale en cours, entreprise par Sana Miladi en 2002 sur la mise en place des campus numériques en France, sous la direction de Christine Musselin, conduit ainsi à interroger le décloisonnement organisationnel induit par la mise en place des campus numériques.
Les campus numériques ont été lancés entre 2000 et 2002 par les ministères de l’Education nationale et de la Recherche français.
- Accédez au résumé de thèse (MILADI S. L’utilisation des nouvelles technologies d’information et de communication dans l’enseignement supérieur, en cours)
===) Une cartographie des établissements universitaires : l’OEU
Les différences importantes observées entre les établissements dans leurs modes de gouvernement comme dans la mise en œuvre de processus de modernisation appellent à se doter d’outils permettant de rendre compte, de manière plus systématique, de ces diversités. Dans cette perspective, Christine Musselin a participé au projet de recherche intitulé OEU [PDF].
Initié dans le cadre du réseau d’excellence PRIME, ce projet avait pour objectif de construire, avec des établissements pilotes, des indicateurs leur permettant dans un premier temps, de suivre leurs activités de recherche. Christine Musselin était co-responsable avec Bertrand Bellon (Paris 11) des indicateurs consacrés à la governance. L’un des objectifs est de parvenir à une cartographie de chaque établissement afin de lui permettre de se positionner et d’apprécier la cohérence entre ses ressources (budgétaires et humaines), ses résultats (en publications et en termes de third mission) et sa stratégie (governance). Le rapport final a été remis en 2006.
===) Les réformes de l’université
Christine Musselin est l’une des partenaires associés au projet MUTORG [PDF] qui est coordonné par Philippe Bezes et Patrick Le Lidec (CERSA, Université Paris 2) et financé par l’ANR.
Ce projet, qui a démarré en janvier 2009, propose d’analyser plusieurs dimensions des transformations organisationnelles que connaît aujourd’hui l’administration française en se focalisant sur deux dimensions (les changements de la hiérarchie et de la division du travail) et en mobilisant les cadres d’analyse de la sociologie des organisations, de la sociologie de l’action publique et de la sociologie du travail.
Christine Musselin a la responsabilité de la tâche portant sur le renforcement du gouvernement des universités et sur les implantations territorialisées au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ce qui permettra de dresser une première analyse des transformations en cours.
* Gouvernement des institutions de recherche
À partir de 2005, la perspective initialement développée pour comprendre le gouvernement des institutions universitaires a été étendue aux institutions de recherche. Ces dernières connaissent aujourd’hui de profondes évolutions notamment dans le champ du financement et de l’évaluation. La dernière décennie a en effet vu le développement de nouveaux outils de contrôle qui visent à optimiser l’allocation des ressources publiques accordées aux laboratoires.
Deux thèses ont été engagées sous la direction de Christine Musselin pour comprendre les incidences des transformations du financement de la recherche sur le fonctionnement des laboratoires.
Commencé en 2004, le travail doctoral de Julien Barrier étudie les transformations à l’œuvre dans la recherche publique en France, en se concentrant sur les modes de financement, de gestion et de gouvernement de la recherche universitaire.
- Accédez au résumé de thèse (BARRIER J. Les transformations de la recherche publique : modes de financement et pilotage de la recherche universitaire, en cours)
Engagée en 2006, la thèse de Felipe Camerati vise à comprendre l’impact des transformations des modalités de pilotage de la recherche britannique sur la gestion des départements universitaires.
- Accédez au résumé de thèse (CAMERATI F. Les transformations du système de financement de la recherche dans les universités britanniques, en cours)
Ces deux thèses sont insérées dans le programme SUN (Steering UNiversities) du réseau d’excellence PRIME. SUN réunit sept équipes de recherche européennes.
Accédez aux autres thématiques du programme Enseignement supérieur et recherche
* L’européanisation des systèmes d’enseignement supérieur
* Travail et profession universitaires
* Nouvelles formes de pilotage des politiques d’enseignement supérieur et de recherche
HAUT DE PAGE


