Sciences Po CSO/CNRS CNRS

Enseignement supérieur et recherche

Depuis le début des années 1980, le CSO a développé un vaste programme de recherches sur l’enseignement supérieur et la recherche et le fonctionnement des universités.

Au fil des années, ces recherches se sont étendues aux relations entre autorités publiques et établissements, à l’étude des politiques universitaires au niveau national comme au niveau européen, et à l’analyse de la profession académique et de ses marchés du travail.
Comparatifs, ces travaux ont toujours replacé le cas français dans une perspective internationale. Au-delà des données empiriques recueillies, c’est un cadre conceptuel qui a été développé, enrichi et précisé.

Le bilan du programme "Enseignement supérieur et recherche" et ses orientations actuelles sont ainsi illustratifs de l’enrichissement théorique et thématique qui a marqué le CSO ces quinze dernières années : la perspective organisationnelle ; le pilotage de l’enseignement supérieur ; une approche de la sociologie des marchés du travail et du travail universitaire.

Le programme de recherche est inclus dans différents réseaux : le RESUP (Réseau d’étude sur l’enseignement supérieur) et le CHER (Consortium for Higher Education Research).
Il se développe enfin avec le soutien actif de Sciences Po. Ainsi, un séminaire de présentation de recherches françaises et étrangères sur l’enseignement supérieur et la recherche est organisé régulièrement par le CSO et le RESUP à Sciences Po depuis 2001.
Par ailleurs, Sciences Po a soutenu la création de EUREDOCS, réseau de doctorants et jeunes docteurs travaillant sur les transformations de l’enseignement supérieur et de la recherche en Europe.

Ce programme entend prolonger et étendre ses recherches dans deux directions :

Knowledge organizations, knowledge policies, knowledge networks (ou ce que gouverner la science veut dire)

De nombreuses analyses, de celles sur les sciences de gouvernement à celles sur l’instrumentation de l’action publique, se sont intéressées à la place du savoir dans la régulation des activités sociales. Moins d’attention a été portée aux conditions du gouvernement des activités scientifiques. Les chercheurs de ce programme proposent donc de renverser la perspective en conduisant une réflexion sur « ce que gouverner des activités scientifiques et académiques veut dire ». Ces activités sont en effet singulières, parce qu’elles sont rétives à la standardisation ou marquées, pour la recherche, par une forte sérendipité. Les pouvoirs publics et les organisations scientifiques ont pourtant depuis longtemps cherché à gouverner les activités scientifiques pour accroître leur productivité, évaluer leur qualité ou allouer des fonds. Il s’agit ici de s’interroger sur ces dispositifs de gouvernement, en mettant au jour leurs spécificités, leurs limites et la manière dont ils s’adossent à des normes propres à la communauté scientifique (revue par les pairs notamment). Par-là, ce programme cherche à historiciser le développement de ces dispositifs, tout en conduisant une réflexion sur leurs singularités. Ce questionnement est décliné au niveau des organisations universitaires mais aussi au niveau des politiques publiques développées pour piloter la science ou promouvoir les transferts de technologie de la recherche fondamentale vers le marché.

État, pouvoirs publics et profession universitaire

De nombreux travaux insistent sur la perte d’autonomie de la profession académique face à l’État et aux intérêts socio-économiques et interprètent les évolutions en cours comme une « défaite » des professionnels face à de nouvelles régulations qui leur seraient imposées. Pourtant, les représentants de la profession scientifique continuent d’occuper une place éminente dans le gouvernement de la science ou des organisations académiques. Il s’agit de conduire une réflexion sur l’évolution des agencements entre État, profession académique et intérêts socio-économiques en questionnant les reconfigurations de ces agencements.

Trois objectifs sont plus spécifiquement poursuivis :

- comprendre, d’abord, la place des acteurs académiques dans le fonctionnement organisationnel des bureaucraties en charge du pilotage de la recherche et de l’enseignement supérieur ;
- s’intéresser, ensuite, à la trajectoire des scientifiques qui, à la jonction des pouvoirs publics et de la communauté académique, participent au gouvernement de la recherche et de l’enseignement supérieur ;
- comprendre enfin les appropriations et les usages des dispositifs managériaux de gouvernement de la science.

Ces questionnements seront déclinés sur plusieurs opérations de recherche qui s’inscrivent par conséquent dans la perspective d’une analyse des recompositions qui marquent le gouvernement de la recherche et de l’enseignement supérieur. Ces recherches, ainsi que la poursuite des thèses associées au programme, sont au cœur des questionnements afin de comprendre les conditions de fabrique des politiques de recherche et d’enseignement supérieur et leurs évolutions.

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