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Entretien avec Simon Paye qui vient de passer un an à Oxford pour sa thèse.

ENTRETIENS // INTERVIEWS
Édité le 10 Septembre 2010

La thèse de Simon Paye, commencée en 2008, vise à contribuer à l'étude sociologique des carrières professionnelles. Prenant comme cas d’étude la population des universitaires en Angleterre, Simon Paye s’attache à analyser les dynamiques récentes de carrière de ce groupe professionnel. Cette thèse, dirigée par Christine Musselin, repose sur une enquête menée pendant un an dans deux universités britanniques.


- Vous venez de passer un an à Oxford dans le cadre de la préparation de votre thèse, comment a pu se concrétiser ce projet d'accueil universitaire ?

Cet échange s'est réalisé dans le cadre du programme OXPO conclu entre Sciences Po et l'université d'Oxford. Chaque année, trois doctorants ou post-doctorants sont sélectionnés dans chacune de ces institutions et sont accueillis dans l'institution partenaire.


- Au sein de quelle structure étiez-vous accueilli et avec quels universitaires ou chercheurs avez-vous spécifiquement travaillé ?

J'ai été reçu comme "academic visitor" durant neuf mois au département de sociologie d'Oxford. J'ai surtout travaillé avec Colin Mills, qui a été en quelque sorte mon tuteur pour cette période. Nous nous rencontrions tous les deux mois pour faire le point sur la progression de mon travail de terrain. J'ai pu, à l'occasion, rencontrer d'autres chercheurs, mais j’ai aussi tiré beaucoup d’enrichissement intellectuel des discussions passionnées avec les doctorants du département.

Le programme OXPO m’a également donné une affiliation à la Maison française d'Oxford (MFO), un centre d’accueil de chercheurs et de doctorants français. En plus d’avoir été mon lieu de résidence durant ces neuf mois, la MFO m’a donné la possibilité de collaborer avec certains de ses membres et de présenter mes travaux en cours, le tout dans un cadre académique stimulant.


- Comment s'est passé votre terrain en Angleterre ?

Il est toujours difficile d’évaluer la qualité d’un travail de terrain sans avoir mené une première série d’analyses. J’ai toutefois le sentiment d’avoir recueilli un vaste corpus de données qui pourrait bien me tenir en haleine pour plusieurs années, sans doute même au-delà de la soutenance de ma thèse. Ces données proviennent d’une cinquantaine d’entretiens auprès d’universitaires et d’administrateurs des deux universités étudiées mais aussi d’un dépouillement d’archives institutionnelles et d’un recueil de curriculum vitae d’universitaires permettant d’analyser leurs mobilités de carrière. L’accès au terrain a parfois été laborieux et a demandé beaucoup de patience, de diplomatie et de détermination.


- Prévoyez-vous d'autres séjours ?

Je réserve mes 12 prochains mois à l’analyse des entretiens, des données quantitatives et des archives que j’ai rassemblés. Mais il est probable qu’il me manque des informations ponctuelles pour valider certains résultats théoriques, ou tout simplement pour mieux documenter certaines périodes d’un processus historique. Si le cas se présentait, il serait envisageable de mener une mission courte en Angleterre pour récolter ces éléments manquants. Cela me donnerait en outre l’occasion de rendre visite à mes collègues à l’université d’Oxford.


Propos recueillis par Patricia Zuntow




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