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Pauline Barraud de Lagerie : "L'ISO et la responsabilité sociétale : un projet de norme pas très standard..." (Colloque "Métamorphose des organisations", les 23 et 24 novembre à Nancy).

COMMUNICATIONS ET COLLOQUES // PAPERS AND CONFERENCES
Édité le 13 Novembre 2006

Pauline Barraud de Lagerie, doctorante au CSO, participe à la 5e édition du colloque "La métamorphose des organisations" qui a pour thématique "Nouvelles régulations, normalisation et dynamique des organisations".

Ce colloque est organisé par le laboratoire GREFIGE - CEREMO (Groupe de recherches en économie financière et gestion des entreprises / Centre européen de recherche en management des organisations), des universités Nancy 2 et Paul Verlaine, Metz.

Résumé de la communication
"L'ISO et la responsabilité sociétable : un projet de norme pas très standard"


En 2001, l’ISO a lancé une procédure de consultation sur l’opportunité d’élaborer un standard international sur la responsabilité sociétale des entreprises. A l’issue de cette longue phase préliminaire et suivant les conclusions de deux rapports plutôt favorables au lancement d’un tel projet, un groupe de travail a été invité, en 2005, à se lancer dans l’élaboration de ce document (publication désormais prévue pour 2009).

Le mandat établi par le secrétariat de l’ISO, et voté par les membres, prévoyait alors que : du point de vue des procédures, des modalités exceptionnelles devaient permettre la participation d’un large panel de parties prenantes ; du point de vue du format du document normatif, il s’agissait d’établir des lignes directrices à destination de toutes les organisations (sera également spécifié par la suite le refus du norme de système de management). L’interrogation initiale de l’auteur porte donc sur la genèse de cette configuration inédite d’un processus de normalisation.

Au-délà de l’idée selon laquelle la spécificité intrinsèque de la responsabilité sociétale comme objet de normalisation aurait engendré une réflexion nécessairement accrue sur les modalités
d’élaboration et sur le cadrage du texte, Pauline Barraud de Lagerie souhaite montrer que la façon dont l’ISO et les experts ont abordé ce processus de normalisation est révélatrice d’une pré-conception particulière de la responsabilité sociétale et de ses enjeux.

Dans un second temps, elle souhaite porter notre attention sur la façon dont le choix d’un format normatif atypique peut être analysé à l’aune de stratégies de défense d’intérêts susceptibles d’être soutenus ou au contraire mis en danger par le processus de normalisation.

In fine, il apparaît que les innovations procédurales initiées par l’ISO et les décisions relatives au statut du document normatif, parce qu’elles véhiculent une conception spécifique de la responsabilité sociétale, ont au moins autant contribué à son élucidation que ne le fera la définition formellement retenue dans le texte final.

La démonstration de Pauline Barraud s’appuie sur une enquête empirique construite à partir de deux types de matériau : le dépouillement de très nombreuses archives nationales et internationales concernant le projet SR 26000 d’une part, et des entretiens menés auprès de 19 membres de la commission française d’autre part.

La mobilisation de ces données de nature différente permet d’identifier les principaux débats et positionnements tels qu’ils ont été fixés par le passage à l’écrit mais également de les confronter aux interprétations et aux justifications des acteurs.





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Pauline BARRAUD de LAGERIE