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Simon Bittmann a soutenu sa thèse sur : Des loan sharks aux banques. Croisades, construction et segmentation d’un marché du crédit aux Etats-Unis, 1900-1945 (18 mai 2018)

DU COTÉ DES DOCTORANTS // PHD STUDENTS' CORNER
Édité le 18 Mai 2018

Simon Bittmann a soutenu une thèse de sociologie :
Des loan sharks aux banques. Croisades, construction et segmentation d’un marché du crédit aux Etats-Unis, 1900-1945.

Elle a eu lieu le vendredi 18 mai 2018 à 16 heures, dans la salle des conférences du site Pouchet du CNRS, 59-61 rue Pouchet (75017 Paris).


Le jury était composé de
- Mme Marion Fourcade, Professor of Sociology, University of California, Berkeley (directrice de thèse)
- M. Gilles Laferté, directeur de recherche à l’INRA, Centre d’économie et de sociologie appliquées à l’agriculture et aux espaces ruraux (rapporteur)
- Mme Claire Lemercier, directrice de recherche au CNRS, Centre de sociologie des organisations, Institut d’études politiques de Paris (directrice de thèse)
- M. Pap Ndiaye, professeur des universités en histoire nord-américaine, Institut d’études politiques de Paris
- M. David Stark, Professor of Sociology, Columbia University
- Mme Sylvie Tissot, professeure de science politique, Université Paris 8 (rapporteure)

Résumé de la thèse :

Si de nombreux travaux soulignent l’existence d’une segmentation de l’offre de crédit aux États-Unis, entre un marché primaire occupé par les banques et un marché secondaire constitué d’agences de crédit allant des payday lenders aux agences de crédit immobilier subprime, peu de recherches s’intéressent précisément à la mise en place d’une telle segmentation ou à ses origines historiques. Cette thèse propose une telle généalogie à partir de l’histoire d’un type de crédit spécifique, sous forme de prêts de petites sommes d’argent, lors des quatre premières décennies du XXe siècle. Elle étudie tout d’abord le déploiement d’un système de crédit au début du XXe siècle, permettant à nombre de travailleurs des classes populaires d’emprunter sur la base de leurs revenus futurs ou sur la propriété de biens mobiliers. À partir de deux études de cas portant sur le Sud et le Midwest, nous proposons une nouvelle conceptualisation, intersectionnelle, de la relation de crédit en soulignant les différentes formes d’encastrement de ce système d’échange ; dans le procès de travail, le système judiciaire et la ségrégation raciale. La thèse analyse ensuite la construction d’une offre légitime de crédit des salariés, à travers l’étude des « croisades » et des controverses autour des « loan sharks », ces créanciers perçus comme des usuriers parasitaires qui gravitent aux marges du capitalisme industriel jusqu’au milieu des années 1940. Ce travail de sociologie économique s’inscrit dans la continuité des études sur les processus de moralisation marchande, mais il propose une extension de ces approches en mobilisant des outils de la sociologie des organisations, de l’action publique, des mouvements sociaux et du droit, dans l’optique de comprendre précisément comment la résolution d’un problème public et le droit, ainsi que les cadres normatifs dans lesquels puise l’action politique, peuvent affecter le fonctionnement et la structure du marché. Le cadre théorique construit contribue à faire le lien entre l’analyse des transactions, des contrats et des relations marchandes et celle de la construction politique et culturelle du marché, une division souvent déplorée aussi bien par la sociologie française que nord-américaine.





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