Sciences Po CSO/CNRS CNRS

Hommage à Stanley Hoffmann, décédé le 13 septembre 2015 : le CSO a perdu un ami.

PROJETS DE RECHERCHE / RESEARCH PROJECTS
Édité le 14 Septembre 2015
































Professeur à Harvard, Stanley Hoffmann était un intellectuel américain spécialiste de la politique française, politique européenne, politique étrangère américaine et des relations internationales. Il a fait Sciences Po avant de poursuivre ses études aux Etats-Unis, où il a fondé en 1968 le Centre pour les études européennes d'Harvard.


Le CSO a appris avec une très grande tristesse le décès de Stanley Hoffmann à l'âge de 86 ans. Stanley Hoffmann était un ami de longue date du CSO, entretenant des liens étroits avec plusieurs de ses membres, notamment Michel Crozier, Catherine et Pierre Grémion, et Martha Zuber. Les recherches menées dans le laboratoire à partir de 1964 lui doivent beaucoup. Tandis que le Center for European Studies (CES) de Harvard, qu'il a créé et longtemps dirigé, a toujours été une terre d'accueil pour les chercheurs du CSO. L'ensemble des membres du laboratoire s'unit pour exprimer ses condoléances à sa veuve, Inge Schneier Hoffmann, ainsi qu'à tous nos amis du CES.
Olivier Borraz, directeur du CSO


Présenter Stanley Hoffmann sur le site du CSO est pour moi un défi, tant il est difficile de faire partager à ceux qui ne l’ont pas connu les facettes d’un homme qui a marqué si profondément ceux qui l’ont fréquenté et qui a tant compté pour ses élèves, ses collègues et ceux qui, nombreux, ont fréquenté le Centre qu’il a créé à Harvard.
Stanley Hoffman souvent présenté comme un grand, un immense professeur américain, ce qu’il était certes, était d’abord un Français qui avait connu de la France des épreuves insignes dans son enfance, marquée par une fuite devant l’avancée des allemands. Né d’une mère Autrichienne et d’un père Américain, vite séparés, après des années d’errance entre Nice, Paris, Nice puis Lamalou-les-Bains, et Paris encore, et après avoir vu arrêter sous ses yeux son meilleur ami disparu à l’âge de 14 ans, avec sa mère, ne put se stabiliser qu’après la Libération et faire Sciences po, d’où il sortit major, et du Droit. Ces années difficiles ont aussi été éclairées par des expériences marquantes et positives de professeurs, parfois vichystes, qui, à Paris comme à Nice, l’ont soutenu, accueilli, et aidé même dans des circonstances périlleuses. Aussi a-t-il dès le départ acquis un sens de la mesure et de la nuance qui l’empêchait à tout jamais de porter des jugements à l’emporte-pièce. Devenu français, il a fait un service militaire dans les bureaux du Ministre de la Défense. Puis, passé par Harvard pour y faire un séjour limité, il y a été rappelé pour y occuper un poste fixe, avant que lui soit offerte une situation stabilisée en France.
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Lire la suite du témoignage de "Stanley pour une française" (PDF) de
Catherine Grémion , directrice émerite et directrice du CSO de 1985 à 1992